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De gaieté en gaieté

J’ai contrefait ma joie

De tristesse en tristesse

J’ai camouflé ma peine

De saison en saison

J’ai galvaudé le temps

De raison en raison

J’ai nié l’évident

De silence en silence

J’ai parlé sans rien dire

De méfiance en méfiance

J’ai douté sans finir

De rancoeur en rancoeur

J’ai brisé l’essentiel

De pensée en pensée

J’ai flétri sans appel

De reproche en reproche

J’ai pétrifié les jours

Et puis de proche en proche

J’ai détruit tout amour…

De pleurs en espérances

J’ai conjuré le sort

De regrets en souffrances

J’ai torturé mon corps

Las…

De nuage en nuage

J’ai construit ma maison

Et d’un seul coup d’orage…

Esther Granek - Je cours après mon ombre

Introduction nocturne - humeur I -

Specials - Ghost Town -

L’ART DES METS

“Il est des jours où l’absence d’ogre se fait cruellement sentir.”

Alphonse Allais

bromazepam:

Album “Choeurs” - Bertrand Cantat

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Julos Beaucarne by Claude Nougaro from the album: …il faut s’aimer à tort et à travers

Amis bien aimés,

Ma loulou est partie pour le pays de l’envers du décor. Un homme lui a donné neuf coups de poignards dans sa peau douce. C’est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour, et l’amitié, et la persuasion.

C’est l’histoire de mon petit amour à moi, arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage, ni vous ni moi, je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et mes 2 chéris qui lui ressemblent.

Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine. Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien-aimée ; il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses. On doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller en paradis. Ah ! Comme j’aimerais qu’il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles.

En attendant, à vous autres, mes amis de l’ici-bas, face à ce qui m’arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu’un histrion, qu’un batteur de planches, qu’un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd’hui : Je pense de toutes mes forces qu’il faut s’aimer à tort et à travers.

Lettre ouverte de Julos Beaucarne par Nougaro

Je t’aime à tort et à travers loup.

son of what ?

son of what ?

Sydney Valette - Frustrations oniriques - Album Plutôt mourir que crever

Tout est dit.

A écouter le matin, ça motive ^^

Aimer quelqu’un, c’est le dépouiller de son âme, et c’est lui apprendre ainsi - dans ce rapt - combien son âme est grande, inépuisable et claire. Nous souffrons tous de cela: de ne pas être assez volés. Nous souffrons des forces qui sont en nous et que personne ne sait piller, pour nous les faire découvrir.

Christian Bobin - Lettres d’or -

J’écrirai avec deux mains
Le jour que je me tairai.
J’avancerai les genoux raides
La poitrine pleine de seins
Malade de silence rentré.
Je crierai à plein ventre
Le jour que je mourrai
Pour ne pas me renverser quand tes mains me devineront
Nue dans la terre brûlante.
Je m’étranglerai à deux mains
Quand ton ombre me léchera
Écartelée dans ma tombe où brillent des champignons.
Je me prendrai à deux mains
Pour ne pas m’égoutter dans le silence de la grotte.
Pour ne pas être esclave de mon amour démesuré,
Et mon âme s’apaisera
Nue dans mon corps plaisant.


Joyce Mansour - « le surréalisme, même 2 » - printemps 1957

Le monde comme une pendule s’est arrêté

les gens sont suspendus pour l’éternité.

**

Alors

je prie le ciel

Que nul ne me regarde

Si ce n’est au travers d’un verre d’illusion

Retenant seulement

sur l’écran glacé d’un horizon qui boude

ce fin profil de fil de fer amer

si délicatement délavé

par l’eau qui coule

les larmes de rosée

les gouttes de soleil

les embruns de la mer.

Pierre Reverdy.

Lèvres acides et luxurieuses
Lèvres aux fadeurs de cire
Lobes boudeurs moiteurs sulfureuses
Rongeurs rimeurs plaies coussins rires
Je rince mon épiderme dans ces puits capitonnés
Je prête mes échancrures aux morsures et aux mimes
La mort se découvre quand tombent les mâchoires
La minuterie de l’amour est en dérangement
Seul un baiser peut m’empêcher de vivre
Seul ton pénis peut empêcher mon départ
Loin des fentes closes et des fermetures à glissière
Loin des frémissements de l’ovaire
La mort parle un tout autre langage
Cris


Oublie-moi
Que mes entrailles respirent l’air frais de ton absence
Que mes jambes puissent marcher sans chercher ton ombre
Que ma vue devienne vision
Que ma vie reprenne haleine
Oublie-moi mon Dieu que je souvienne.
Cris


Je veux me montrer nue à tes yeux chantants.
Je veux que tu me voies criant de plaisir.
Que mes membres pliés sous un poids trop lourd
Te poussent à des actes impies.
Que les cheveux lisses de ma tête offerte
S’accrochent à tes ongles courbés de fureur.
Que tu te tiennes debout aveugle et croyant
Regardant de haut mon corps déplumé.

Cris

Joyce Mansour - Herbes -

lamemoiredesjours:

Jean Giraud (Moebius) & Hugo Pratt - Tac au tac (1972)

RIP

Caresse - Charles Cros

scotomisation:

Tu m’as pris jeune, simple et beau,
Joyeux de l’aurore nouvelle ;
Mais tu m’as montré le tombeau
Et tu m’as mangé la cervelle.

Tu fleurais les meilleurs jasmins,
Les roses jalousaient ta joue ;
Avec tes deux petites mains
Tu m’as tout inondé de boue.

Le soleil éclairait mon front,
La lune révélait ta forme ;
Et loin des gloires qui seront
Je tombe dans l’abîme énorme.

Enlace-moi bien de tes bras !
Que nul ne fasse ta statue
Plus près, charmante ! Tu mourras
Car je te tue - et je me tue.